Les Amis de la Terre Belgique
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Plus fort que le pétrole et que le climat : le crédit !
par Ezio Gandin

Il y a peu de temps encore, on se demandait encore entre nous d’où viendrait la prochaine grande crise de notre système économique en discutant surtout de 2 propositions :

- le manque de pétrole car on sait aujourd’hui qu’il faudra faire avec moins alors qu’il est un élément de plus en plus fondamental de notre économie mondialisée ;
- les changements climatiques qui vont imposer à l’humanité une utilisation de plus en plus modérée de toutes les ressources énergétiques fossiles qui sont depuis plus d’un siècle le moteur de la croissance.

Eh bien non, reconnaissons notre erreur sur toute la ligne : c’est de l’intérieur même du système qu’est venu le crash. C’est la fin du crédit facile - qui avec la publicité constitue un des deux leviers majeurs du système économique - qui en quelques mois vient de mettre à genoux le « joyau » de toutes nos autorités politiques et économiques : la croissance économique.

Comment expliquer cet effondrement du crédit facile alors que des masses financières colossales sont toujours là et que le crédit est l’objet même de centaines de milliers de banques qui ont envahi nos sociétés ?

Tout simplement, parce que les banques ne sont plus confiance, qu’elles se méfient l’une de l’autre à la suite de l’éclatement de cette belle bulle des crédits hypothécaires américains qu’elles ont pourtant créée et développée.

Depuis quelques semaines, de réunions locales aux grandes messes médiatiques, nos économistes, décideurs économiques et politiques aboutissent presque tous aux mêmes conclusions : il faut relancer - en y mettant tous les moyens - la machine économique en restaurant la confiance des banques, des investisseurs, des entreprises et des consommateurs.

Et pourtant, nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à avoir de sérieux doutes sur ces méthodes qui auront comme conséquence première de nous appauvrir collectivement parce que cet argent, il faudra bien aller le chercher quelque part aujourd’hui et surtout demain.

En tant qu’AmiEs de la Terre, nous avons la chance de mieux percevoir où se situent les vraies « portes de sortie » tant au niveau individuel - la simplicité volontaire, que collectif avec des concepts comme ceux de la décroissance et des villes et communes en transition. Dans cette période d’instabilité, je pense, que l’objectif principal de toutes les associations écologistes et sociales devrait être - au-delà de l’intérêt de toutes les actions menées depuis longtemps sur le terrain - d’expérimenter à l’intérieur et d’accompagner à l’extérieur nos sociétés vers une sobriété soutenable et heureuse. Cette vie plus simple, plus sobre, plus collective ne deviendra la norme que si nous pouvons témoigner par notre vie de ce que ce changement est bien plus qu’indispensable, qu’il est souhaitable, qu’il est désirable !

Ezio Gandin, administrateur des Amis de la Terre