Les Amis de la Terre Belgique
https://www.amisdelaterre.be/les-groupes-de-simplicite-volontaire-apres-2-ans-quelques-temoignages
Les groupes de Simplicité Volontaire : après 2 ans, quelques témoignages

Cela fait exactement 2 ans que le premier appel pour la création de groupes de pratique de simplicité volontaire a été lancé dans la région liégeoise, avec le succès que l’on sait.

Depuis ce premier appel, une bonne dizaine de soirées-conférences ont été proposées dans les différentes provinces de la partie francophone de notre pays ; la dernière au mois de janvier 2007 dans la région de Thuin-Charleroi. Avec une assistance moyenne de 50 personnes et un intérêt toujours aussi vif, on peut affirmer sans aucune hésitation que cette double thématique « décroissance économique soutenable et simplicité volontaire » est actuellement la plus importante thématique de notre association. Elle devient comme « la gestion domestique de l’eau » l’a été, il y a quelques années, la thématique qui nous identifie auprès de nombreuses personnes, auprès de nombreuses associations : « Pour la simplicité volontaire et la décroissance, adressez-vous aux Amis de la Terre ».

Ces soirées-conférences donnent une information sur ces deux thématiques qui est très appréciée par le public mais ce n’est pas là l’objectif majeur. L’objectif premier de ces soirées est d’abord de présenter l’intérêt des groupes de simplicité volontaire ; ensuite de proposer aux personnes qui se sentent attirées ou qui sont dans ce chemin de vie à contre-courant de notre société de consommation un lieu de rencontre et un cadre pour pouvoir évoluer, chacun à leur rythme, avec le soutien des autres membres du groupe.

Nous avons déjà présenté, dans le SaluTerre, différents aspects de la simplicité volontaire. Cette fois, en nous appuyant sur la quinzaine de groupes qui sont (ou ont été) en activité et qui réunissent largement plus de 100 personnes, nous avons demandé à quelques-uns de nos membres de témoigner sur base de leur expérience personnelle ; Colette, Sophie et Raymond ont répondu positivement à notre demande.

Si ce sujet vous intéresse, sachez que la prochaine soirée est prévue du côté de Welkenraedt en mars et une autre sera proposée à Namur en début mai. Pour plus d’information, une petite visite de notre site ou un appel à Dave.

Témoignage de Colette

La simplicité volontaire (SV) est arrivée « par hasard » dans ma vie sans crier gare, un beau matin, sous la forme d’un courrier des Amis de la Terre. Au « hasard », je ne crois pas : « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito » (Albert Einstein).

Une phrase de ce courrier m’a interpellée profondément : « Vivre plus simplement pour que d’autres puissent tout simplement vivre ». Elle est la lanterne qui éclaire ma réflexion. Seule la SV nous laisse une chance de nous en sortir dans la dignité parce qu’elle est un art de vivre respectueux de l’homme et de son environnement, aujourd’hui et demain.

L’enfance et mon père m’ont rendue amoureuse de la nature. Éblouie, émerveillée. Traversant toutes les brûlures et les morsures de ses saisons, je l’ai découverte « de l’intérieur » avec bonheur, à vélo ou à pied, de 5 à 18 ans. Elle a été ma complice et mon amie... elle l’est toujours ! Elle est notre Terre-Mère, elle nous nourrit, nous dépendons d’elle, je n’ai pas envie qu’elle disparaisse. À mon échelle, je me sens responsable de son état car je contribue par tous mes actes quotidiens à sa destruction ou à sa protection.
En tant que maman, je ne peux imaginer laisser un monde invivable à mes enfants et à leurs descendants. Je souhaiterais quitter cette Terre l’âme sereine en sachant que je les laisse dans un monde où il fait bon vivre ou, en tout cas, dans un monde où j’ai donné le meilleur de moi-même.

En tant qu’être humain, j’ai toujours pensé que chacun sur cette Terre avait droit à une vie « normale », à la dignité, au respect et que les ressources terrestres n’étaient pas destinées à certains et pas à d’autres...

C’est dans mes actes quotidiens que j’essaye de pratiquer au mieux la SV, m’interrogeant à tous moments sur les actes que je pose. Cela concerne tous les domaines : les trajets (covoiturage quand on conduit les enfants à l’école, rassembler toutes les courses pour ne sortir la voiture qu’une fois, etc.) l’alimentation (consommer local, si possible bio, consommer ce qui a été produit en respectant l’individu et l’environnement, cultiver un potager, utiliser les plantes sauvages, plantation d’arbres fruitiers , etc.) la maison (isolation, récupération des eaux du toit : douche, WC, lessive, cuisine et boisson ; création d’un lagunage, réflexion sur l’installation d’une chaudière à pellets, tri et don des objets dont on ne se sert pas, etc.) l’environnement proche, les voisins ( prêt de matériel, collaboration, etc.) les autres achats : je me pose la question de savoir si j’en ai vraiment besoin, si c’est respectueux de l’environnement mais je peux acheter des choses « pour leur beauté » ( la beauté me nourrit et me pousse à créer) et pour me faire plaisir.

La SV n’est pas pour moi une ascèse mais un art de vivre. Je pense que j’ai commencé à la pratiquer il y a longtemps mais pas en ce qui concernait la vie pratique mais plutôt intérieure. Je me suis toujours posée énormément de questions sur la vie et sur l’humanité, donc sur moi-même.

Vivre avec conscience, amour et responsabilité est quelque chose d’essentiel pour moi . Je suis parfois démoralisée devant la tâche à accomplir mais je sais que je ne suis pas seule et que si chacun joue son rôle là où il se trouve, on peut accomplir des miracles.

Nous avons un fameux défi à relever mais ensemble, nous pouvons y arriver.

Colette (40 ans)

Témoignage de Sophie

Depuis deux ans, les groupes de simplicité volontaire occupent une bonne place dans ma vie. Au fil des rencontres, le sentiment d’être une marginale face aux us et coutumes de la consommation s’est gommé. La confiance dans mon mode de vie prend le dessus. Grâce aux discussions nourries par des personnes venues d’horizons différents, un climat d’empathie et de sincérité s’installe. Le groupe s’affirme, l’amitié naît entre des personnes encore étrangères, il y a quelques mois. Les échanges à cœur ouvert touchent profondément la conscience voire l’âme et ils permettent une réflexion, des remises en question. Certes mon cheminement personnel me secoue et n’est pas toujours facile à gérer mais le soutien du groupe est d’un grand secours. La force du groupe réside dans l’écoute, le non jugement, le partage et l’entraide.

Les petites modifications dans mes comportements quotidiens sont perçues par mes proches et font du chemin dans leur esprit. Ainsi, il est plus aisé d’aborder avec la famille et les amis les sujets de décroissance et de simplicité volontaire sans passer pour une sectaire. C’est une étape importante pour établir des changements plus importants comme par exemple la suppression d’un véhicule dans le ménage. Bref, une expérience qui me désencombre matériellement, qui est plus en harmonie avec mes valeurs écologiques et surtout qui me conduit vers une paix intérieure emplie de sociabilité. La découverte de l’Humanité dans le bon sens du terme. Que du bonheur !

N’hésitez pas, faites le pas, rejoignez-nous.
Sophie (30 ans)

Témoignage de Raymond

Suite aux 2 conférences « Décroissance et Simplicité Volontaire » organisées à Namur par les Amis de la Terre, une bonne vingtaine de personnes de la région de Dinant et de Beauraing se sont retrouvées pour former des groupes de pratique de Simplicité Volontaire SV.

Après un accueil amical et simple qui mit tous les participants à l’aise, la réunion a commencé par un bref rappel des objectifs de la SV et des points essentiels au bon fonctionnement des groupes : des témoignages à partager plutôt que des discussions, l’importance de l’écoute et du non jugement, les aspects de confidentialité, etc. Pour faciliter cette attitude d’écoute, l’objet symbolisant le bâton de parole, pour la soirée, fut présenté et expliqué. L’animateur avait choisi un troglodyte en terre cuite qui circula de mains en mains, rassura les timides et tempéra les plus volubiles. Bien serré dans les mains, cet oiseau, connu pour sa discrétion, son chant mélodieux et puissant, aida effectivement les uns et les autres à s’exprimer sereinement, sincèrement dans le plus grand des silences. Tant lors de la présentation par chacun de son animal ou sa plante favorite, que lors de la seconde prise de parole pour préciser les raisons de sa présence à cette soirée et exprimer ses questionnements, les témoignages furent simples, empreints de lucidité, d’émotion et parfois même de poésie. Ils exprimaient les doutes mais surtout l’espoir dans un monde plus solidaire, plus équitable et plus respectueux de la Terre - Mère.

Les énergies qui remplissaient les cœurs et les esprits, le silence et l’écoute, la sympathie et la croyance qu’un monde meilleur était possible, tout cela était « simple » et beau, voire exceptionnel.
La soirée se termina trop tôt mais tous se réjouissaient de se retrouver quelques semaines plus tard. Les « au revoir » furent particulièrement chaleureux entre des personnes qui 3 heures avant ne se connaissaient pas ou peu. Même les hommes se firent « le bisou », annonce de nouvelles amitiés et remerciement pour ce moment de partage fort et chaleureux.

Raymond (60 ans)