COMMUNIQUE DE PRESSE
L’AFCN voulait cacher une information sensible

Bruxelles, le 21 juin 2017 - Electrabel a réalisé elle-même des inspections pendant des entretiens des centrales nucléaires de Doel 3 et Tihange 2. L’entreprise était obligée de vérifier si les fissures dans les cuves de ces réacteurs avaient ou non évolué. Résultat ? Après avoir voulu cacher les résultats de cette inspection pour préserver les intérêts de l’entreprise, l’AFCN se lance dans des déclarations contradictoires. Pour qui travaille l’AFCN ?

En 2015, deux réacteurs défectueux, dont les cuves présentent des milliers de fissures, furent néanmoins redémarrés. Malgré des dissensions au sein du monde scientifique, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire a donné le feu vert au redémarrage. L’AFCN a exigé malgré tout que l’entreprise organise un nouveau test d’ultrason pendant les entretiens de ces centrales défaillantes.

Comportement partial de l’AFCN

Il y a en effet eu des tests pendant les entretiens de Doel 3 (décembre 2016) et Tihange 2 (mai 2017). On peut se poser des questions sur la méthode des inspections réalisées. Aucune organisation indépendante n’a procédé à ces tests, Electrabel a organisé ses propres inspections. On peut et on doit se poser de sérieuses questions sur « pourquoi l’AFCN permet qu’Electrabel puisse se contrôler elle-même ? ». En faisant cela, le caractère d’indépendance de l’enquête est miné dès le départ.

Mais ce n’est pas tout. Les rapports d’inspection, inclus la méthodologie utilisée, ne furent pas publiés après les inspections terminées de Doel 3. L’AFCN déclarait qu’il n’y avait pas de fissures supplémentaires. Greenpeace Belgium a alors pris l’initiative d’exiger, par le biais de la loi sur le caractère public des données environnementales, que l’AFCN publie les résultats. Et c’est seulement parce que l’AFCN y a été obligée qu’elle a finalement daigné rendre public l’information. Ceci seulement trois jours avant la date limite légale. Cela rappelle une situation comparable en 2015, quand il avait également fallu avoir recours à la justice pour forcer la publication des rapports de sécurité de Doel 3 et Tihange 2

“Non, il n’y a pas de fissures supplémentaires... Oui, il y a des fissures
supplémentaires”

Qu’est-ce que l’AFCN a à cacher ? Pourquoi agit-elle en secret ? Elle avait communiqué bien avant l’obligation de publier le rapport qu’il n’y avait pas de fissures supplémentaires, tandis que l’on parle bel et bien dans le rapport de 70 fissures supplémentaires pour Tihange 2 et 300 pour Doel 3. Qu’en est-il maintenant ? Y a-t-il oui ou non des fissures supplémentaires ? L’AFCN justifie sa première communication avec l’argument qu’il est extrêmement difficile de mener des tests par ultrason identiques : une toute petite différence dans la position de l’appareil pourrait déjà influencer les résultats. Mais si tel est le cas, est-ce que la méthode d’inspection choisie est bien fiable ? Si oui, alors les résultats devraient sans doute pouvoir être répétés ? Si non, pouvons-nous connaître exactement l’état réel des cuves fissurées de Tihange 2 et Doel 3 ? Ceci représenterait alors un plus grand risque qu’on ne l’avait imaginé auparavant !

Autre chose a également été mis à jour pendant la procédure d’appel de Greenpeace. L’AFCN a motivé sa position d’avoir tenu au secret les rapports d’inspection à cause de l’intérêt commercial et industriel d’Electrabel. Le service fédéral soit-disant “indépendant” que devrait être l’AFCN, dirigé par un ancien directeur d’Electrabel Doel, devient - dans les faits -de plus en plus clairement mêlé aux intérêts de l’entreprise privée Electrabel. Ce qui n’est pas étonnant vu qu’elles ont ou avaient toutes les deux le même directeur.

Résistance internationale contre le danger nucléaire

La question des réacteurs fissurés touche la communauté internationale. Ceci est d’autant plus pertinent qu’une cuve abîmée pourrait conduire à une vitesse incontrôlable à un accident extrêmement grave : la fusion du noyau et une contamination radioactive de l’environnement bien au-delà des frontières nationales.

C’est pour manifester contre ce danger qu’une chaîne humaine internationale se formera à partir de Tihange, en passant par Liège et Maastricht, vers Aix-la-Chapelle. Electrabel ressent ce souffle de résistance. Elle a d’ailleurs invité les organisateurs et le parrain de la chaîne, l’acteur et réalisateur Bouli Lanners, à une rencontre. Les organisateurs se réjouissent de cette initiative et prennent cette proposition en considération. Ce rendez-vous devrait avoir lieu à un autre moment que durant la chaîne humaine.

La chaine humaine du 25 juin est donc plus que jamais d’actualité. infos : https://www.chain-reaction-tihange.eu/fr/