A la fin du mois de septembre, la locale des Ami.e.s de la Terre d’Esneux donnait une conférence sur la thématique de l’(in)sécurité des centrales nucléaires belges. Une rencontre porteuse avec le Dr Odette Klepper, membre de l’association internationale des médecins pour la prévention d’une guerre
nucléaire, Ezio Gandin, Dr en Sc. Physiques et membre des Amis de la Terre et le public. En voici le retour.

Contexte général

Le 25 juin 2017, une chaîne humaine de 50 000 citoyens, a relié Tihange à Aix-la-Chapelle en passant par Liège et Maastricht pour souligner le danger des réacteurs de Tihange 2 et Doel 3 et demander leur arrêt immédiat et définitif ainsi que la programmation de la fin, au plus tôt, de tous les autres réacteurs nucléaires. Les Amis de la Terre ont largement contribué à la coordination de cette chaîne humaine, notamment en mettant deux personnes à disposition pendant 3 mois. Et les Esneutois ont été particulièrement présents dans la préparation de la chaîne et sur le terrain, le 25 juin 2017.

Un an plus tard, constatant que les autorités fédérales sont restées sourdes à cette revendication de fermeture de T2 et D3, les AT-Esneux ont organisé cette conférence et invité la doctoresse Odette Klepper, membre de l’association internationale des médecins pour la prévention d’une guerre nucléaire – voir le site http://ippnw.org/. Cette institution a été « nobelisée » en 1985 et « renobelisée » en 2017 via ICAN dont l’IPPNW est fondatrice.

Contexte local

En 2017, est paru le plan belge de secours en cas d’accident nucléaire. Comment est-il structuré ? Comment est-il mis en œuvre, notamment au plan local et plus particulièrement pour nos enfants, particulièrement vulnérables aux radiations ? Nous souhaitions avoir des réponses que nous n’avions pas encore pu entendre.

Dans un premier temps, nous avons obtenu l’appui de l’échevine de l’enseignement mais au moment de confirmer cet appui, nous avons été informés que le Collège communal d’Esneux ne souhaitait pas être associé directement à notre initiative. Nous ne pouvions plus utiliser les réseaux d’enseignement locaux pour convier le public des jeunes parents à s’informer objectivement. Nous devions chercher un autre local qu’une salle d’école.

Comme tous citoyens de la commune, nous avons donc sollicité une des salles communales bien connue des Esneutois et les jeunes parents ont été conviés via le tam-tam de notre groupe local. Félicitations à toutes les personnes présentes qui ont bravé le silence que le Collège a organisé autour de notre initiative.

Et demain ?

Ezio Gandin, Dr en Sc. Physiques et membre des Amis de la Terre, a brossé la situation du nucléaire belge, en évoquant ses grands défis actuels et futurs. Le Dr Odette Klepper soutenue par le Dr Wielfried Duisberg, tous deux médecins dans la région d’Aix-la-Chapelle, a présenté les effets des radiations sur le corps humain, selon les différentes tranches d’âge et le type de radiations puis a décrit les précautions qui peuvent être prises, notamment en s’inspirant de ce que l’IPPNW a pu mettre en place à Aix-la-Chapelle en collaboration avec les autorités locales.

Les jeunes parents et les enseignants présents (notamment une équipe de l’école du Laveu dont certains enseignants sont citoyens d’Esneux,) ont beaucoup apprécié et ont décidé de travailler le sujet.

Certains se sont inquiétés des réponses particulièrement pauvres du Conseil communal d’Esneux et ont convenu de le réinterroger car ils ont estimé essentiel que les citoyens locaux aient des réponses adéquates de l’autorité locale pour un risque qui doit être pris en compte.De petites équipes se sont déjà formées autour des objectifs repris juste ci-dessus ; n’hésitez pas à
les rallier.

Enfin, en réponse à plusieurs demandes formulées, Madame Klepper et Monsieur Duisberg se sont déclarés disposés à revenir en Belgique pour exposer ce sujet à qui souhaiterait l’aborder, que ce soient des associations ou des écoles.

En conclusion, l’exposé et le témoignage d’Odette, une personne vivant au quotidien avec la conscience que l’accident peut se produire (et s’y préparer) nous aura marqué. Beaucoup des mesures de terrain qu’elle a proposées et expérimentées sont commodes à implémenter mais reconnaître qu’il y a un risque sanitaire réel est le préalable indispensable. Mettre la tête dans le sable ne va rien arranger !

Le team du Laveu (2 directrices et une enseignante) a très bien perçu cela aussi et a visiblement franchi le préalable. Trouver les mots ensuite pour parler aux parents et aux enfants représente un sérieux défi mais gageons que nous pourrons trouver du soutien pour construire cette communication.