Les intempéries qui ont frappés notre pays la semaine passée sont sans précédent. Peut-on y voir une conséquence du réchauffement climatique ? Même si on ne peut tirer de conclusions sur un évènement ponctuel et que l’on se doit d’analyser des évènements sur plusieurs années, on a encore toutes et tous les souvenirs des récentes canicules et périodes de sécheresse qui ont touchés la Belgique ces dernières années. Or de nombreux·euses scientifiques affirment que le changement climatique accentue les deux extrémités du cycle hydrologique (fortes pluies d’un côté et sécheresses de l’autre).

Les changements climatiques sont annoncés depuis plusieurs décennies. De nombreuses associations comme Les Amis de la Terre tirent la sonnette d’alarme ou tentent de changer le système depuis plus de 40 ans ! Le GIEC, ce groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Ces experts entament leur 6ème cycle d’évaluation avec des rapports attendus pour 2022 ! Bien avant eux, le club de Rome sortait également une publication sur Les Limites à la croissance, aussi connue sous le nom de rapport Meadows. On était en 1972 ! Elle constituait la première étude importante mettant en exergue les dangers, pour l’environnement et donc l’humanité, de la croissance économique et démographique que connaît alors le monde.
Quelles grandes actions ont été entreprises suite aux constats alarmants qui étaient annoncés ? Il y a bien eu quelques signatures couchées sur papier : le protocole de Kyoto, l’Accord de Paris, plus récemment... totalement insuffisantes et insignifiantes !
En effet, très peu d’actions radicales ont été instaurées par les gouvernements afin de réduire de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre !
En attendant, les conséquences se montrent de plus en plus visibles.

Pour la Belgique, le GIEC constate une augmentation lente mais significative des quantités moyennes annuelles de précipitations. Cette augmentation suit un profil linéaire de 5 mm par décennie.

Par rapport au début des années 1950 :
• le nombre moyen annuel de journées avec précipitations abondantes a pratiquement doublé : sur 6 décennies, il est passé de 3 à 6. Ces précipitations très fortes se produisent généralement en été du fait d’averses orageuses intenses qui tombent en l’espace de quelques heures seulement.
• par contre les précipitations sous forme neigeuse relevées à Uccle sont devenues nettement moins fréquentes.
Les projections climatiques construites pour le territoire belge prévoient...
• un renforcement de la saisonnalité des précipitations : une diminution jusqu’à -25 % en 2100 en été et une augmentation jusqu’à +22 % en 2100 en hiver
• des épisodes de pluies intenses en hiver et des orages violents en été plus fréquents et plus intenses, ce qui augmente le risque d’inondations
• des canicules plus fréquentes en été
• de plus faibles débits des rivières en été (diminution de plus de 50 % d’ici la fin du XXIe siècle) à cause de la baisse des précipitations estivales, combinée à une plus grande évaporation, engendrant des risques de pénurie d’eau

Les Amis de la Terre transmettent toute leur solidarité et leurs pensées aux sinistré·e·s wallon·ne·s, dont plusieurs membres de notre association font partie.

Il semblerait que des évènements, comme les inondations connues en cette période de juillet 2021, soient amenés à se répéter et à être d’autant plus fréquents. Que faire d’ici là ?
« Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ! »
Oui, être ensemble et améliorer notre résistance aux chocs par exemple ! C’est ce que nous appelons résilience collective aux Amis de la Terre et cela peut commencer par des petits gestes, jusqu’aux plus grands !

"Optimiser ses consommations (eau, gaz, électricité, etc.), privilégier une alimentation saine, locale et de saison, valoriser son eau de pluie et faire usage de la toilette à litière bio-maîtrisée, ou encore adopter une démarche de Simplicité volontaire pour s’opposer à la croissance effrénée. Boycotter les méga-plateformes de vente en ligne, revendiquer une économie non-violente, s’opposer aux injustices en plaidant pour des relations basées sur les principes de l’éco-féminisme, le tout pour construire un modèle de société alternatif. Porter une attention particulière aux arbres, aux animaux, à tous végétaux, pour préserver chaque espace de biodiversité, élément crucial de lutte contre le réchauffement climatique. Résister positivement à l’oppression en usant et abusant de la désobéissance civile, transmettre nos connaissances et préoccupations vis-à-vis des dérives liées à la surveillance numérique, contribuer au réseautage en s’investissant avec nous à la Coalition climat, à Faire Front, Agroecology in Action... Voici autant de manières de se mobiliser au sein de l’association pour faire naître le changement !"

Il y a tant à faire et tout autour de nous des personnes sont déjà en action. Ces dernières ont beaucoup de choses à nous apprendre et vous aussi avez certainement des choses à leur apprendre ! C’est pour cela que Les Amis de la Terre croient beaucoup à la force de résistance et à l’intelligence collective, pour créer une autre façon de vivre. On peut d’autant plus se sentir bien avec soi-même et avec les autres lorsque l’on décide de changer sérieusement son comportement de consommation et son mode de travail, de détente, de relation … !

Et si vous voulez vous mettre en action avec nous, venez rejoindre nos groupes thématiques ou nos groupes locaux ! S’il n’y a pas celui que vous cherchez, n’hésitez pas à nous solliciter pour créer, ensemble, de nouveaux groupes de travail ! Si cela vous tente, découvrez sur notre site des infos supplémentaires.

Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome
https://climat.be/changements-climatiques/changements-observes/precipitations