Lorsque ce SaluTerre sera entre vos mains, les medias devraient avoir déjà bien répercuté l’information : la Belgique aura aussi son Pacte Ecologique et il sera porté par les associations environnementales.

Rendons à César ce qui lui revient. Le Pacte, c’est d’abord un gros travail pendant 18 mois de Nicolas Hulot et de sa fondation avec la collaboration d’une trentaine de spécialistes compétents regroupés au sein du comité de veille écologique. C’est depuis 3 mois un grand succès en France qui nous fait espérer que le défi écologique qui est devant nous sera enfin considéré par la classe politique dans toutes ses dimensions, dans toute son urgence et qu’il sera au centre de toutes les politiques énergétiques, économiques, sociales, environnementales, etc. de demain.

Mais le passage au-dessus de la frontière, comment s’est-il fait ?

C’est d’abord une initiative personnelle de Daniel, un de nos jeunes nouveaux membres du Hainaut, qui, interpellé dès la sortie du Pacte en France, s’est demandé comment l’importer chez nous. Premier contact avec Dominique en fin novembre à Namur : « que pourrait faire les Amis de la Terre pour m’aider ? » Constitution d’un petit groupe de réflexion ; des échanges téléphoniques, des courriers électroniques pour aboutir juste après la Noël à une réunion à Liège. Mise sur la table des éléments du Pacte, questionnement sur la personnalité de Nicolas Hulot, sur l’intérêt de faire passer le Pacte en Belgique, avec quelle stratégie, etc. Deux heures plus tard, on décide d’y aller au nom des Amis de la Terre Belgique ATB , de faire tourner les méninges pendant cette fin d’année et de contacter Inter Environnement Wallonie IEW pour voir si d’autres associations bougent autour de ce Pacte. Réaction au quart de tour de IEW qui nous pousse à poursuivre et affiner notre analyse, notre stratégie. Dès le réveillon passé, tout reprend avec IEW, se précise ; premier contact avec la Fondation Nicolas Hulot Belgique FNHB qui marque directement de l’intérêt pour notre projet. Beaucoup de coups de fils plus tard, une première réunion est organisée entre IEW, la FNHB et les ATB autour d’un bon repas. Les points encore « critiques » sont levés et on décide d’étendre le cercle des associations en lançant une petite dizaine d’invitations. Réunion le 24 janvier et au bout de 3 heures de discussion, le feu est au vert, les grandes lignes sont précisées et un planning de travail est sur la table. Petite fuite dans la presse dès le lendemain et sortie avancée du communiqué de presse. Pour le reste vous le découvrirez dans la presse avec un premier grand rendez-vous pour la mi-mars.

On peut épingler une des morales de cette petite histoire belge : l’action individuelle soutenue par une grande motivation personnelle est encore aujourd’hui une excellente méthode pour mettre en mouvement nos « grosses associations », pour aboutir à une large action collective.

Pourquoi nous investir dans ce projet visant d’abord un objectif politique alors que nous avons encore tant de chantiers en cours en interne pour « stabiliser » notre association, pour en assurer le redéploiement dans certaines régions, pour développer nos nouveaux projets ?

Les objections ne manquent pas, comme les justifications ; le débat interne n’est pas terminé ce qui prouve notre vitalité. Au-delà des arguments avancés par les uns et les autres, il permet à chacun de se positionner, de se faire sa vision des AT, de définir ses priorités ; une réflexion individuelle indispensable, à l’aube de cette année 2007, qui doit nous permettre de redéfinir toutes les grandes orientations des Amis de la Terre en accord avec nos ressources, avec notre motivation ; nous vous invitons à vous y associer (voir les documents joints au SaluTerre).