En Estrie (sud- est du Québec), les Amis de la Terre se sont associés
à un sympathique projet d’alimentation locale et solidaire, montrant
ainsi bel exemple de coopération entre consommateurs et petits et
moyens producteurs. Né du respect de la terre et de l’humain, le
Marché de solidarité régionale de Sherbrooke offre divers produits
locaux de qualité provenant des agriculteurs de la région. Le Marché
tend vers une autonomie alimentaire régionale et vise à répondre à
90% des besoins de ses adhérents au cours des prochains mois.

Chaque jeudi après-midi, des centaines
de personnes viennent faire leurs provisions
au local des Amis de la Terre de
l’Estrie, à Sherbrooke. Ils sont membres du
marché de solidarité régionale, une nouvelle
façon de faire ses courses. L’initiative part d’un
principe très simples : un groupe de consommateurs
locaux est directement relié à des producteurs
via Internet. Chaque semaine, près de
500 membres sherbrookois font ainsi leur
marché. La liste de tous les produits est accessible
en quelques clics de souris...

Après avoir choisi les produits proposés
par les producteurs locaux, les participants
peuvent visualiser leur facture à leur guise et
la modifier si désiré jusqu’à la fermeture des
commandes. À la fin, il n’y a qu’à imprimer
sa commande et l’apporter avec soi le jour
du retrait des produits au point de chute.
Un jour de retrait qui est également l’occasion
de rencontrer d’autres consommateurs
impliqués dans la démarche.

Pour faire partie du groupe d’achats, il
faut débourser l’équivalent de 13 euros. Les
Amis de la Terre ajoutent quand à eux 15 %
à chaque facture pour couvrir leurs frais
d’exploitation. Malgré cela, les prix restent
raisonnables car la distribution se fait grâce
aux bénévoles. Le bénévolat est une partie
de la participation citoyenne et sans le
bénévolat, le marché de solidarité régionale ne pourrait pas exister.

Pour les producteurs, la gestion est relativement
facile : les producteurs prennent
connaissance de la liste des produits achetés
et les livrent à un point de chute unique.
Les Amis de la Terre se chargent alors de
préparer les commandes des membres. Le
consommateur n’a également qu’un seul
arrêt à faire pour s’approvisionner en produits
locaux.

D’après André Nault, président des Amis
de la Terre de l’Estrie, « Les prix équitables
sont pour le bénéfice des producteurs et des
adhérents. Une participation citoyenne
amène un équilibre intéressant à quatre
niveaux. D’abord au niveau de l’autonomie,
le projet de marché de solidarité augmente
l’autonomie de la communauté plutôt
que de créer une dépendance face aux
grandes surfaces. Ensuite est-ce que le projet
favorise l’équité, est-ce que c’est une
seule personne qui bénéficie des revenus ou
bien c’est la communauté qui en bénéficie
le plus. Nous avons par la suite, la diversité,
est-ce que le projet respecte la diversité agricole
de la région ou bien veut-on faire un
ghetto pour un groupe privilégié ? La diversité
apporte l’équilibre. Finalement, est-ce
que le projet est démocratique, les adhérents
ont-ils leur mot à dire dans le déroulement
ainsi que les producteurs, contrairement aux grandes surfaces où l’input des
consommateurs est très négligeable et souvent
irrespectueux pour ce même consommateur.

 »En ce moment, une vingtaine de producteurs
offrent 729 produits, dont certains
sont biologiques. « Il nous faut développer
des valeurs de collaboration, de coopération
et de communautaire si nous voulons passer
à travers cette course à la mondialisation
et de revenir à une autonomie régionale alimentaire
 » rajoute André Nault.

Le Marché de solidarité régionale découle
d’une formule originale qui allie la souplesse
du commerce électronique et la
convivialité de l’achat de proximité. Acheter
des aliments directement du producteur
comporte plusieurs avantages : la provenance
et la méthode de production des aliments
sont connues des consommateurs, la
dépendance aux énergies fossiles est diminuée
et enfin le « client »réalise des économies.
Ce concept proche des GAC belges
(Groupements d’achats communs) repose
sur un constat simple « Pour valoriser notre
agriculture, il fallait trouver une façon pour
que tant les consommateurs que les producteurs
soient gagnants », affirme André
Nault. Le trajet moyen parcouru par un aliment
du champ à la table est de 2400 km.
Ceux du marché de la solidarité régionale
ne parcourent en moyenne que 25 kilomètres.
Y acheter des produits devient donc
un geste vraiment concret pour éviter le
gaspillage d’énergie et aiguiser notre
conscience de consommateurs...

Des membres de Transition-Coaticook,
un des premiers groupes de transition au
Québec, ont également entrepris des
démarches en vue d’implanter un Marché
public en ligne, semblable au Marché de
solidarité récemment mis en place à Saint-
Isidore de Clifton.

Des projets similaires ont pris naissance
un peu partout au Québec récemment.
Prenons-en de la graine ! Après tout, nos
Amis québécois nous ont déjà montré le
chemin de la simplicité volontaire... Ironsnous
demain « magasiner » comme eux ?

Veronika Paenhuyzen

Visitez le portail du Marché de solidarité
régionale ! http://www.portail.atestrie.com/