Parler des plantes exotiques envahissantes peut paraître secondaire face à des problèmes tels que réchauffement
climatique, crise du pétrole... Pourtant, elles sont la deuxième cause de la perte de biodiversité, juste après la destruction des habitats et juste avant la pollution.

Par définition, une espèce exotique envahissante est une espèce qui, une fois introduite par l’homme hors de
son aire de distribution naturelle, se propage
de manière importante et constitue une menace pour la biodiversité indigène, l’économie et/ou la santé publique.
S’il est difficile d’agir sur les plantes déjà bien installées (travail répétitif, à long terme et harassant), il est évident que chacun peut agir à son niveau.
Comment ? En respectant ces règles de base :

- ne pas planter, semer ni distribuer ;
- ne pas traiter chimiquement en bordure de cours d’eau ou en zone naturelle préservée ;
- ne pas jeter les résidus de fauche dans la nature ou dans la rivière ;
- ne pas stocker les résidus de fauche en milieu fermé sans surveillance ;
- ne pas transporter les résidus non correctement couverts ;
- ne pas composter car les graines ne sont pas détruites ;
- ne pas déplacer les terres contaminées par des graines...

Je connais une personne qui aime la Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) parce qu’elle fleurit longtemps (jusqu’en octobre), procure de
belles couleurs grâce à ses fleurs et surtout parce qu’elle est très mellifère. Il a donc pris l’initiative d’en semer, il y deux ou trois ans dans sa parcelle, pour attirer les pollinisateurs et ce, malgré mes nombreux
avertissements concernant les conséquences environnementales. Tout comme la Renouée du Japon (Fallopia japonica) et la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), très (trop !) répandues chez nous, ces invasives empêchent le développement de nos espèces indigènes de par leur développement très rapide et leur taux de reproduction très élevé. On observe donc une
uniformisation du paysage en raison de l’appauvrissement de la flore naturelle. Leur caractère envahissant est dû principalement au fait qu’elles ne rencontrent
ni prédateur ni parasites naturels.

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la Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera)

Je tente encore de le raisonner mais rien n’y fait, il n’en démord pas : la Balsamine de l’Himalaya est la meilleure espèce pour attirer les pollinisateurs ! J’ai
beau appuyer mes arguments par des articles scientifiques, chaque tentative est un nouvel échec ! Vu son haut degré
d’entêtement et d’inconscience, il faudrait quelque chose de fort pour lui faire arracher ses petites merveilles !

Dans son cas, peut-être que l’incitant législatif serait efficace ! À quand une loi interdisant l’introduction d’invasives ? Heureusement, certaines personnes sont plus réfléchies. Ma seconde connaissance a reçu à la belle saison de jeunes plants afin de les repiquer dans son potager et dans son parterre de fleurs. Un jour, lors d’une visite dans son jardin, je constate deux « drôles de tiges » ! Après identification des plants, j’explique les
conséquences qu’engendre la Balsamine de l’Himalaya. Je n’avais pas fini d’énumérer les inconvénients, que l’arrachage des deux jeunes plants était effectué.
Tout ceci pour en arriver à la conclusion que notre travail de sensibilisation du public a toute sa raison d’être mais que face à certaines personnes (je dirais
plutôt certains murs !) on est très vite démuni.

La suite au prochain épisode ! En attendant, n’hésitez pas à planter et embellir votre jardin... de plantes indigènes !

Astrid Naniot