Les Amis de la Terre d’Amérique latine et des Caraïbes – ATALC – regrettent profondément la catastrophe que subissent les peuples touchés par la crise climatique.

Article original en espagnol : http://www.foei.org/es/noticias/justicia-climatica-para-america-latina-caribe-pueblos-mundo%e2%80%a8

Le cyclone Irma et la destruction qu’il a provoquée à son passage sur plusieurs pays de la région, tout comme d’autres phénomènes que l’on prétend faire passer pour naturels, sont le résultat des systèmes de production et de consommation du capitalisme néolibéral. Il s’agit d’alertes supplémentaires concernant les graves dangers que comportent les rapports de pouvoir dominateurs que ce système a imposés à la nature et aux peuples.

Le tremblement de terre au Mexique nous a frappés également, et il a laissé dans son sillage la mort, la destruction et encore plus de personnes déplacées.

Comme d’habitude, les plus touchés sont les secteurs sociaux les plus dépossédés, les plus pauvres du point de vue économique.

Dans nos pays se reproduisent les mêmes injustices que tous les pays du Sud subissent, à cause du système dévastateur qu’appliquent les pays riches et industrialisés du Nord.

Nous dénonçons l’injustice climatique qui s’aggrave parce que les définitions adoptées dans les organismes multilatéraux ne tiennent pas compte du fait que les pays du Nord et ceux du Sud ne sont pas également responsables de la crise. Les entreprises transnationales continuent de recevoir des garanties qui leur permettent de maintenir leurs activités destructrices.

Nous rejetons les politiques mondiales qui favorisent la privatisation, la marchandisation et la financiarisation de la nature en proposant de fausses solutions qui, plutôt que d’enrayer le changement climatique, visent à assurer le maintien de la consommation des pays du Nord et les bénéfices des sociétés transnationales.

Nous nous solidarisons avec les peuples mexicain, haïtien et cubain, et avec tous ceux qui, en plus d’avoir été privés de leurs territoires et de leurs biens communs par les impositions du système, subissent aujourd’hui les conséquences d’une crise climatique qu’ils n’ont pas provoquée. Les changements imposés par les industries extractives, par l’agro-industrieet par l’économie verte, joints à la financiarisation de la nature et à des initiatives telles que REDD et le Paiement pour services environnementaux, intensifient la crise et détruisent la gestion communautaire et démocratique des biens communs.

Nous estimons que la seule possibilité de sortir de la catastrophe à laquelle nous condamne le système capitaliste de production et de consommation réside dans les solutions proposées par les peuples.

La souveraineté alimentaire, l’agroécologie, la gestion communautaire des forêts, la gestion publique et communautaire de l’eau, la souveraineté énergétique. Par ces moyens d’origine populaire nous aurons la possibilité de préserver la vie.

En tant qu’organisation qui œuvre pour la justice environnementale, sociale et de genre, nous accompagnons les personnes affectées ces dernières semaines et nous nous mettons à leur disposition pour les aider dans la mesure de nos possibilités, en faisant toujours appel à la solidarité internationale organisée et efficace.

Les Amis de la Terre Amérique latine et Caraïbes (ATALC)
St Maarten, septembre 2017, après Le cyclone Irma © NLRC via IFRC