« En matière d’approvisionnements mondiaux d’énergie, il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles. Les mauvaises ? Le pétrole a une fin. Les bonnes ? Le pétrole a une fin. »

...a proclamé Herman Scheer, président du conseil mondial des Energies Renouvelables.

Il a toujours été évident que les énergies fossiles comme le gaz, le charbon, le pétrole mais aussi l’uranium s’épuiseront. Le pétrole - énergie abondante facile à extraire, bon marché - a largement contribué à l’essor de nos industries et à modifier nos habitudes de déplacement ; il a globalement permis d’augmenter considérablement la production et notre consommation. Tout cela sans vraiment améliorer le bien-être, la justice sociale et le bonheur de l’humanité.

Aveuglés par le mythe de la croissance et du consumérisme, nous ne nous sommes pas posés la question de l’après-pétrole et moins encore celui des changements climatiques et de leurs conséquences sur les populations des pays pauvres, sur la disparition des espèces végétales et animales, sur les épidémies, sur la pénurie d’eau et la famine.

Que le pétrole devienne rare, que les incertitudes politiques quant à son approvisionnement et son prix augmentent, alors tout s’emballe... et le piège énergétique se referme sur nos économies.

Tout cela n’est rien à côté de la menace que le pétrole fait peser sur l’humanité. Le problème essentiel est tout autre : le pétrole, le charbon mais aussi l’uranium encore disponible sont suffisants pour que leur consommation conduise à un niveau insupportable et irréversible de destruction de la planète. Il faut réduire, dans nos pays riches, d’au moins 80% nos émissions de gaz à effet de serre mais aussi diminuer notre consommation de biens matériels, notre consommation d’énergie, nos prélèvements sur nos ressources naturelles. Il faut arrêter de gaspiller, polluer, piller, « cracher » sur notre Terre. Si nous ne le faisons pas, c’est l’effondrement économique, social et écologique qui nous menace : « L’homme a besoin de la Terre, la Terre n’a pas besoin de l’homme ».

Il existe pourtant des alternatives énergétiques, sociales, économiques mais trop peu de volonté pour les mettre en application. Pour notre facilité et notre confort, en raison de notre égoïsme et de notre insouciance, nous avons pactisé avec les « diables ». Il nous faut impérativement et rapidement redevenir des citoyens responsables vis-à-vis de soi mais encore des générations futures, des populations des pays pauvres, des défavorisés de chez nous. Il nous faut œuvrer individuellement et collectivement pour la restauration de la Terre, la sauvegarde de l’Humanité et de la Nature. Il faut vivre plus simplement, plus sobrement, car tout ce que nous consommons, gaspillons, nous le prenons à d’autres femmes, à d’autres hommes, à d’autres enfants que nous condamnons à la misère, à la mort !

- Raymond Gesquière
Amis de la Terre, conseiller Biodiversité