C’est chaque année avec plaisir que je me rends à Valériane pour donner un peu de mon temps au stand des Amis de la Terre. Les nouveaux panneaux sur la récupération de l’eau de pluie ont, une fois de plus, été lus avec beaucoup d’attention. En plus depuis 2 ans l’accent est mis sur les toilettes à litière (TLB)...

et il y avait du joli monde à poser des questions et à être interpellé et intéressé :

- « Les toilettes sèches, comment ça marche ? »
- « C’est génial, mais vous êtes trop radical ; c’est irréalisable pour les pouvoirs publics ... ».
- « Pendant les vacances il y avait des toilettes sèches ; pendant ces 5 jours les enfants se sont retenus ! ».
- « J’en ai une et je l’emporte même avec moi en vacances ! ».
- « Dommage qu’on ne peut pas les essayer sur place ! ».
- « J’ai amené mes amis à votre stand pour leur montrer ces superbes toilettes et ils sont repartis en se moquant de moi ! »

Je lisais une profonde déception sur le visage de ce jeune homme. Il y croyait tellement que c’était devenu impensable que ces amis puissent ne pas être d’accord avec lui. J’ose espérer qu’il aura la force de continuer à les trouver géniales, ces toilettes sèches ; qu’il s’en procure une et que peu à peu, par son enthousiasme, ses amis soient séduits à leur tour.

Que ce soient les TLB, les vergers et jardins sauvages, la récupération et la potabilisation de l’eau de pluie ou encore les économies d’énergie, peu importe, c’est la simplicité accessible à tous qui me séduit ainsi que la convivialité, l’échange, le partage et le respect de la nature et de l’autre qui en découlent. La technologie de pointe est probablement nécessaire pour aider à relever le défi du changement climatique, mais ne comptons pas sur elle pour y arriver. Soyons les acteurs de nos vies et de ce virage indispensable et ne nous laissons ni décourager ni démotiver.

Pour cela, j’aime faire confiance aux traditions et savoirs ancestraux, à notre bon sens, aux gestes simples, tranquilles, posés et ne pas devoir réinventer la roue. J’aime écouter le petit vieux du coin qui fait son jardin potager avec application, l’ancien mineur aux yeux pétillants, la dernière sage femme du village, etc. Ils ont tellement de choses à raconter et ils n’attendent que cela. Ils sont pour moi comme les racines qui donnent cette stabilité aux grands arbres de nos forêts et font à ce titre partie intégrale du cycle de la vie.

Ne sommes nous pas coupés de plus en plus de nos « sages » qui sont le lien indispensable entre la vie et la mort comme l’hiver, temps de repos nécessaire, est indispensable avant l’éclosion de la vie au printemps ?

Evidemment, je ne veux pas dire que tout ce qui est mal aujourd’hui est la résultante de l’oubli de nos racines, ce serait trop facile, voire naïf, mais qu’à force de chercher le compliqué nous oublions l’essentiel : la nature est un livre ouvert, lisons le et faisons lui confiance....

Et pour en revenir à notre toilette sèche, j’aime rappeler que le premier message que nous, les Ami(e)s de la Terre, voulons faire passer, n’est pas l’économie d’eau - même si c’est important - qui résulte de son adoption mais bien de rendre à la Terre ce qui lui appartient...

Bénédicte Monn

Amie de la Terre : régionale de Namur